L’éternel insatisfait

insatisfaction

Toi runner, tu es le roi de la remise en question, le pro de l’auto critique, le génie de l’analyse. Et pour cause : tu es un éternel insatisfait.

Je te connais suffisamment pour savoir que tu vas me rétorquer que non, ce n’est pas vrai, que tu cherches juste à progresser, blablabla, blablabla.

Cependant, laisse-moi te rappeler, qu’en plus d’être une femme (ce n’est pas toujours une tare. Il y a même des jours où ça sert !), je suis une profileuse. Je te connais donc par cœur, toi et tes multiples personnalités.

Mais rassure-toi, l’éternel insatisfait n’est pas toujours dans l’auto-analyse. Il est aussi dans l’auto-flagellation… Mais pas n’importe laquelle : la vraie, la belle, celle qui fait mal mais qui fait aussi du bien. Je sens que tu ne me suis plus alors je t’explique :

Tu dis que les femmes sont compliquées mais tu l’es bien plus. Le runner éternel insatisfait est toujours dans la surenchère de la nullité lorsqu’il parle à un collègue. Ca pourrait donner une conversation de ce type :

–          Ah ! J’ai encore été mauvais. J’ai couru à 5,30’ au lieu de 5,25’.

–          Mais non, attends, ça va encore. Tu te rends compte, que pour moi c’est pire : je n’ai couru qu’à 5,35’. En plus, j’ai oublié de prendre mon gel au 25ème km.

–          Ah oui, effectivement mais t’étais un peu fatigué. Attends, t’as assuré quand même ! Parce que moi, en plus d’avoir couru comme un pied, et en plus d’avoir oublié mon gel, je n’ai pris que 112g de gatosport au lieu des 125g prévus. Je suis vraiment trop nul !

–          …

Bref ! On peut continuer longtemps ! Non mais les mecs là ! C’est abusé ! J’ai l’impression d’assister à une conversation entre copines du type :

–          Oh là là ! je me suis rasée vite fait sous la douche. Le résultat est épouvantable !

–          Oh non, ça va encore, t’as pas vu mes jambes !

–          Non mais je t’assure, les miennes sont pires que les tiennes. Regarde bien !

–          …

Ces conversations sur la nullité de l’éternel insatisfait servent en fait son égo.

En effet, en confiant ses  « erreurs », il attend en fait de son interlocuteur qu’il lui dise que non, il n’a pas été mauvais, que c’est un champion, qu’il l’admire, qu’il n’aurait pas fait mieux, etc…

Pire qu’une fille je te dis !!

 

Finalement, l’éternel insatisfait manque cruellement de confiance en lui. C’est à ça qu’on reconnait que ce n’est qu’un homme à la recherche de reconnaissance et pas un super héros à la recherche de perfection… Et moi, desperate sentimentale, je rajoute que c’est ce qui fait tout son charme…

P.S : Mieux vaut éviter la confrontation avec la grande gueule afin d’éviter que notre charmant éternel insatisfait ne tombe dans la dépression avec une conversation du genre :

–  J’ai encore été mauvais. J’ai couru à 5,30’ au lieu de 5,25’.

– Ah ! C’est sûr ! T’as même été plus que mauvais. Si t’avais pris le gel au 10ème et si t’avais pas mangé au 5ème. T’aurais gagné 10 secondes… Fallait m’écouter !

5 Responses to L’éternel insatisfait

  1. sylvain dit :

    Tu m’as bien cerné ma chère DRW!!
    Je me reconnais complètement dans ce profil. J’ajoute qu’être un éternel insatisfait va avec le perfectioniste parce que j’essaie toujours de faire au mieux pour améliorer mes performances.

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