Abandon au 42ème km mais c’était trop bon!!

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Tic, tac, tic, tac. Je me réveille pour la 4ème fois de la nuit et je constate que je n’ai plus de batterie sur mon portable. Il est 2h23 à ma montre et le réveil est à 4h15. Il ne me reste plus qu’à attendre l’heure en ne dormant que d’un œil. Génial, ça commence bien!!!

Le cottage s’agite et je me lève d’un bon. Mon estomac me joue des tours et je renvoie mon gâtosport illico aux toilettes ! Je ressens de la peur et de l’appréhension mais je reste concentré sur mon rituel qui m’a toujours réussi : massage, sérénité et bonne humeur.

Le coup de feu de départ me libère enfin. Plus d’attente, plus de stress, je suis enfin dans l’action et je pars à grandes enjambées retrouver mon fidèle compagnon de balade : le boss.

Je suis bien. Je tourne à  environ 10 km/h et je finis mon 1er 10km en 1h01. Je suis très en avance sur ma vitesse de 9,4km/h initialement prévue. Le parcours est entièrement bitumé et il y a de longues lignes droites qui traversent une immense forêt. C’est un cadre splendide.

Les ravitos se passent très bien. Eau, boisson énergétique, gel, pain d’épice,… Mon proche serviteur me guide dans mes choix. Entièrement à mon écoute, le boss est au top. Encouragement, allure, information de dénivelé, je n’ai qu’à fermer les yeux et me laisser guider. Merci!!

km15 : je commence à lever le pied. Je ne comprends pas trop ce qui se passe!! Ma foulée est moins souple et mon allure baisse mais je ne me laisse pas abattre car je sais que ça va revenir!! En plus, l’équipe de supporters ne va pas tarder à débarquer donc j’essaye de me rassurer. Plus tard,  mon fidèle suiveur m’avouera qu’il commençait déjà à s’inquiéter.

Quelques kilomètres plus tard, je suis dans le flou. Je fais un petit bilan : jambe = ok, souffle = ok, ventre = bonne digestion. Tout va bien, sauf un truc que je n’ai pas la lucidité d’identifier tout de suite : le mental. Est-ce ça qui ne va pas?????

Le plaisir commence à se transformer en supplice. La bonne humeur des bénévoles n’y change rien. Je ne suis pas bien. Lors de courses précédentes, j’ai déjà eu des passages à vide mais il me restait 4 ou 5 kilomètres et non pas 20.

km30 : Je suis encore dans le live et le réconfort du boss à beau me réchauffer le cœur, je n’y puise aucune énergie. Mon rythme chute encore. Heureusement, la cavalerie ne va pas tarder. Des aléas logistiques les retardent et je commence vraiment à douter de mes capacités à finir. Je me souviens même de cet instant ou je dis à haute voix : Bon, il faut vraiment que l’on se pose les bonnes questions… Quelle distance reste t-il? Quelle allure faut-il tenir? En suis-je capable? Et ma seule conclusion fut : Dis leur d’arriver vite et on verra!! Je relance. Je ne sais plus ce qui me fait avancer!

km33 : Ils arrivent enfin et je dis au boss : S’il te plait, empêche moi de m’asseoir sinon je ne repars pas!!Le temps se fige. C’est soudain l’agitation. Les encouragements fusent et voir tout ce petit monde en ébullition me touche énormément. Je suis heureux mais le réservoir reste désespérément vide. Je ne sais pas quoi faire. Les jambes sont lourdes et j’ai le ventre plein. Je ne peux plus rien avaler. Je repars en compagnie du Brother qui me booste!

Il ne me lâche pas et je mets ce qu’il me reste d’énergie dans la bataille! Je pousse jusqu’au 40ème km. La voiture balai est là, juste derrière moi!! Coup de pression… Même si je suis encore dans les temps je constate que ma porte de sortie est juste derrière moi. Je n’ose pas la regarder!

Mais, résigné, je décide de m’arrêter au prochain ravito. Je ne tiens plus! A quoi bon continuer? Depuis de nombreux kilomètres, je ne sais plus pourquoi je suis là. J’ai trop mal aux jambes et je stoppe au 42ème kilomètre au bout d’environ 5h30.

Malgré, l’abandon j’ai passé une superbe journée et les derniers kilomètres étaient fantastiques. Je ne suis pas près de les oublier. L’espace de 10km, nous avons vécu des instants indescriptibles qui nous lient tous. Merci au Boss, à ma Desperate, à mon Brother et à toute la clique!!

 

PS : Je débrief ma course dés demain!!

Merci pour votre soutien!!

5 Responses to Abandon au 42ème km mais c’était trop bon!!

  1. Salut, Sylvain

    Merci pour ton récit plein d’honnêteté. C’est super de rester aussi positif même si tu n’as pas terminé. Cela te servira pour tes prochains défis!

    Sportivement
    Bernard

  2. Bah moi, j’ai quand même un regret: ne pas être arrivée plus tôt pour te soutenir… C’est vrai que le sort s’est acharné contre nous…
    En fait, j’en ai un 2ème: je ne suis pas remontée sur ce fameux vélo!!!
    Mais en tout cas, je suis fière de toi et je continuerai à te suivre. Comme le disais une célèbre philosophe: « Où tu iras, j’irai, fidèle comme une ombre. »

  3. Pascal Buchheit dit :

    Sympa ton CR de course, plein d’optimisme malgré que la course a été dure. J’ai finalement lu ton blog et tes posts Twitter et pour être franc, je suis surpris par ton volume d’entrainement ces 2 derniers mois. Sauf à ce que tu n’ais pas twitté toutes tes sorties et hors celle de 25 km, tu as couru rarement plus de 45 mn pour 6 à 7 km. Comment dans ce cas aller au bout d’un 50 km ? Je viens de faire le coureur-balai sur une course ou celui a terminé avec moi m’avouait courir des footings de 4 km maximum seulement 1 à 2 fois par semaine mais n’avait pas peur avec un mental d’enfer de s’aligner sur cette course de 18,9 km et 450 m de dénivelé+ qu’il a terminé en 2h45 en souffrant énormément et ce dès le 7ème km. Pour ce qui te concerne, ce jour là tu étais probablement pas dans un bon jour, mais même si je comprends ta volonté de te dépasser, je pense que si tu veux courir des distances aussi longues (au delà du marathon) il va te falloir augmenter la durée de tes footings et faire au minimum une sortie de 1h30 ou + par semaine. C’est une des conditions du succès. Bon courage pour la suite.

  4. Eponyme dit :

    Tu gardes le moral et c’est le plus important ! Replonges toi dans l’entraînement, avec il est vrai plus de sortie longue et cette expérience te servira pour ta prochaine course où tu seras finisher ! ;)

  5. sylvain dit :

    J’ai manqué d’entraînement comme je l’indique dans mon article ou je débrief ma course.
    En plus, la date de la course était mal choisie. Les vacances en famille sont incompatibles avec la préparation d’une course de cette envergure.
    C’est en faisant qu’on apprend!!

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