Mon père, ce héros

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Runner,

Sur cet article, je te donne du sentiment, de la guimauve, de la pomme d’amour, du complexe d’Œdipe à profusion. J’ai comme le sentiment que ce billet me fera du bien… comme une sorte de thérapie.

Ecrire ce que je n’arrive pas à dire… Le clavier me démangeait depuis quelques temps. Il est temps pour moi de tourner la page du passé et d’ouvrir celle de l’avenir. Ca ne veut pas dire tirer un trait, oublier, renier mais juste avancer, profiter, vivre.

Il y a 3 ans et des poussières, mon père nous a quittés. Mon cœur de petite fille s’est brisé en un millier de morceaux mais, avec le temps et le précieux soutien de mon Running Man, il se reconstruit peu à peu.

Mon père, ce héros, ce passionné de musique qui, dans sa jeunesse, avait monté son groupe de zic et m’a fait découvrir le must du must (pink floyd, Led Zep, Eric Clapton, Dire Strait…), qui m’a montré qu’une vie sans musique était terne et triste. Je le revois encore, en train gratter sa guitare… J’admirais l’autodidacte…

Mon père, ce héros, ce passionné de sport qui supportait l’ASSE mais se cachait derrière je ne sais plus quoi pour ne pas courir pendant les cours d’EPS ! Il m’a toujours encouragé dans mes diverses et piètres tentatives sportives…

Mon père, ce héros, cet artiste, qui, à travers ses dessins, ses peintures, m’a donné le goût de l’art (mais ne m’a pas transmis le talent: je ne sais dessiner que des bonshommes patates !), qui m’a emmené à Cadaquès puis à Figueres pour admirer les œuvres de Dali afin que je prépare mon concours de prof des écoles.

Mon père, ce héros, qui a accueilli mon Running Man dans notre famille comme son propre fils et qui nous a toujours soutenus dans nos choix de vie.

Mon père, ce héros, qui avait un sens de l’humour juste incroyable (refilé en grande partie à mon frère, et dont j’ai hérité le reste… !!) et qui riait de tout et de rien malgré toutes les galères qu’il a vécues, qui communiquait sa bonne humeur, qui transmettait ses fous-rires.

Mon père, ce héros, ce battant, ce courageux, cet homme déterminé, qui après son avc, n’a jamais baissé les bras face à son hémiplégie (quel humour !), qui depuis plus de 3 ans se battait pour respirer, manger, parler, marcher, retrouver une vie normale, et ne se plaignait jamais ni de la douleur ni de son état.

Mon père, ce héros, cet homme d’exception qui, même après l’annonce de son cancer, nous a toujours laissé l’espoir, s’est battu contre cette f***ing maladie, mais a perdu, 3 mois plus tard…

Mon père, ce héros, qui ne connaîtra jamais nos marvels et que nos marvels ne connaîtront jamais mais à qui je jure de leur transmettre ce courage, cette détermination, cette rage de vivre, de réussir, de persévérer, de ne rien lâcher, de tout donner, d’aider les autres, d’être solidaire, de partager,…

Mon père, ce héros, qui restera toujours dans le cœur, le souvenir, la mémoire de ceux qui l’ont connu.

Mon père, ce héros, parti trop tôt, trop vite, à qui je n’ai pas pu tout montrer, tout prouver, tout dire,…

C’est pour lui que dans un peu plus de 6 mois, le 06 octobre, jour de mes 30 ans, je vais courir pour la 1ère fois… une vraie course… de 11 km ! La Compiégnoise, au profit du cancer du sein.

 

Certes, il n’était pas concerné par ce type de cancer… Quoique, ça aurait pu, le connaissant ! Mais comment ne pas être sensible à cette cause ?

Je sais qu’il faut courir pour soi et non pour les autres. Mais, c’est plus fort que moi, je ne respecte jamais les règles et je n’en fais qu’à ma tête. C’est mon côté rebelle, et ouais!

Enfin bref, tout ça pour te dire que…

C’est pour lui que je m’accrocherai jusqu’au bout. C’est pour lui que je passerai la ligne d’arrivée. C’est pour lui que je ne lâcherai rien. C’est pour lui que je donnerai tout !

Mon père, ce héros…

[Edit] Je n’ai pas pu participer à cette course (merci l’entorse et autres soucis…). J’ai couru mon 1er 10km le 14/06/15. Je lui ai donné ma médaille. Il a été dans mes pensées jusqu’au bout. C’est sa force qui m’a permis de réussir.

13 Responses to Mon père, ce héros

  1. les règles sont faites pour être transgressées et il n’y a pas de plus beaux projets que ceux guidés par notre coeur :)
    et je ne doute pas que cette première course soit ta plus belle fierté sportive
    enjoy

  2. Rohnny dit :

    Tu m’as émus avec ton post… J’ai la chance de toujours avoir mes parents et il m’arrive de penser au drame que celà pourrais faire de les perdre… C’est bon de pouvoir comme tu dis reprendre la vie… Bon weekend à vous deux.

  3. très émue par ce post.
    Cette course sera sans doute la plus belle et la ligne d’arrivée la plus émouvante

  4. Lolotrail dit :

    D’abord, ce ne sont pas de choses qui sortent toutes seules alors déjà un premier combat de gagné. Ensuite, courir pour soi, c’est bien, courir en la mémoire de quelqu’un, c’est beau et courir pour d’autres, c’est motivant et utile (je sais de quoi je parle !).
    Enfin, hasard des choses, ma femme est du 06/10 également…
    Je ne te souhaite pas bon courage car je sais que tu en auras suffisamment mais juste une bonne préparation (tout en faisant en sorte de ne pas être blessé ou indisponible au moment de la course, c’est le piège…).

  5. July dit :

    Guéri de tout là où il est il t’applaudira ce jour là comme il te soutiendra dans toutes tes transgressions. Bon courage et superbe cause.

  6. claire dit :

    J’y suis allée de ma (plutôt) de mes petites larmes en repensant à Laurent – C’est vrai qu’il est parti trop et qu’il était courageux – Il est tous les soirs dans mes pensées…….

  7. Daddy The Beat dit :

    Ben du coup je viens de lire ce billet et je t’envoie toute mon affection.

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