Lost in Translation – Lot of emotion

Anvers m’a mis la tête à l’envers ! Je ne comprends rien au flamand… mais rien de rien alors quand la représentante des transports m’a donné le plan spécial marathon…

Bah je n’ai rien compris ! Je n’ai pas saisi que les « titres » étaient les noms des stations et je n’ai pas compris les indications pour se rendre sur le parcours. Mais bon, comme je ne suis qu’une demi-quiche, j’ai trouvé l’astuce et j’ai superposé le plan de la ville avec celui des transports avec celui donné par la dame du tram avec celui du marathon km par km que j’ai tiré sur 10 feuilles pour avoir un plan ultra-précis. Tu n’as pas suivi ? Tu imagines alors dans quelle galère j’étais ! Là j’ai imploré le Dieu de l’orientation d’être avec moi et de me soutenir dans cette épreuve mais il n’est pas venu, jamais…  même après de longues minutes de solitude. Bref, j’ai décidé de me la jouer Rock&Roll parce que je suis comme ça moi, j’suis une rebelle, et ouais !

Après des adieux déchirants des encouragements enflammés, je me dirige vers le 15ème km.

J’arrive à la gare centrale, tente de comprendre le fonctionnement du tram quand 30 min plus tard, je me rends à l’évidence : le tram n’arrivera jamais. Vu l’heure et la vitesse à laquelle court Syl, je n’y serai jamais à temps. Bon, tant pis, je rentre à l’hôtel et part pour une p’tite sieste. Mais non ! La desperate n’abandonne jamais !! Allez, hop, plan B : le 23ème ! J’envoie un message à RM pour le prévenir!

Sur place, quelques supporters attendent le peloton et encouragent tous les runners. Même après que leur runner soit passé, ils restent pour applaudir les autres. Rien à voir avec Paris ! C’est un marathon bien plus petit avec moins de 2 000 participants mais avec une chaleur et une ferveur tellement plus grande et plus belle… Par ailleurs, ils personnalisent leurs encouragements grâce aux noms sur le dossard. C’est vraiment plaisant d’être parmi eux. Cependant, je ne suis pas à l’aise. Je suis seule, dans une ville que je ne connais pas, avec une langue que je ne maîtrise absolument pas… Je suis déroutée, perturbée. C’est assez particulier. Du coup, j’encourage les runners mais avec moins de hargne, de pêche que d’habitude, avec plus de retenue.

Bref, après plus d’une heure d’attente, RM arrive enfin, je fais mon numéro, comme d’hab’ : hystérie et cie… Je vois un RM en pleine forme, content de lui. Je suis rassurée. A ce moment, je suis loin de me douter que 2km plus tard, il entrera dans une période de doute.

Pendant tout ce temps, la circulation des trams est bloquée lorsqu’elle traverse le parcours. Je dois donc renoncer à aller au 35ème ou au 38ème car je prends le risque d’être bloquée, de ne pas voir RM et de ne pas être à l’arrivée à temps.

Je décide donc de rejoindre le 41ème. Evidemment, arrivée dans le métro, c’est le drame ! Il y a un monde fou. Les coureurs du 10 miles rejoignent l’aire de départ qui est sur la même ligne, 2 stations après l’arrivée. Les métros ont chacun 2 wagons et autant dire que c’est la cohue. 4 métros plus tard, on me pousse enfin dans une rame. J’arrive donc péniblement à Groenplatts et je marche… longtemps… très longtemps… Il commence à faire chaud/faim/stress. Je sais que mon RM doit parcourir 17km seul… Je sais qu’il va affronter seul des moments difficiles. D’ailleurs, il m’appellera plusieurs fois pour que je l’encourage. Je le bombarde alors de textos, à mes risques et périls puisque je me ferai percuter par un runner (que j’ai coursé et tatané !). Bon, Ok, ça m’apprendra à être sur le bitume pendant un marathon mais je te l’ai dit, je suis une rebelle !

Toujours est-il que Running Man m’appelle peu de temps après. Il est au 38ème. Je le rejoins au 40ème. Cependant, le temps est looooong… très looooong… très très looooong… Chaque seconde est interminable… D’autant plus je me prends la souffrance des runners en pleine face. Belle leçon de courage…

Je me mets en tenue pour pouvoir le suivre. Enfin, nous nous retrouvons. Je le booste à mort, je n’arrête pas de le saouler de lui parler. Je lui dis que l’arrivée est toute proche, encore une grande ligne droite puis il y est. Je regarde sa montre et je réalise que les moins de 5h sont là… Allez, dernier objectif : moins de 4h55 ! C’est possible ! Je booste : « Bravo ! Tu y es ! Ne lâche rien. Donne tout ! Tout est possible. Les 4h55 sont à ta portée. Donne tout ! Allez ! » Je suis en boucle. Je ne me contrôle plus. D’ailleurs, 1,5km plus tard, je n’en peux plus ! Plus de souffle, plus de jambes, plus d’énergie. Ça tombe bien, l’arrivée est proche. Je le laisse face à son exploit.

Je le retrouve après la ligne de départ. Je tombe dans ses bras. Je verse mes larmes de joie, de fierté, de bonheur : il l’a fait ! Et oui, même une rebelle peut être submergée par l’émotion ! Bon en même temps, il est 14h30, je suis réveillée depuis 3h30, je n’ai rien avalé depuis 7h, j’ai marché, couru, ça vaut bien une larmichette non ?

Bon à part ça, pendant ce week end marathon, j’ai…

– vu une runneuse avec un t-shirt : go hard or go home.

– eu le droit à un clin d’œil de la part d’un runner en kilt.

– admiré le mec qui runnait avec sa banane et qui s’est fait lacérer le cou pendant 42km.

– pris le tram avec Vigo Mortensen.

– réussi à faire une capture d’écran avec mon tel en chutant lamentablement sur un trottoir grâce un runner serial pousseur (ça fais juste 2 ans que j’essaie et je n’y suis jamais arrivée !).

– frappé dans mes mains environ 3 500 fois…

– couru plus de 1 km.

– vu un mec génial se surpasser

– dormi dans un lit pourri.

– passé une partie de la nuit sur le carrelage de la SDB à lire un magazine sur le sommeil…

– essayé de dire bonjour en flamand sans jamais y arriver.

Mais je n’hésiterai pas à le refaire. De toutes façon, où ira mon Running Man, j’irai!

 

 

12 Responses to Lost in Translation – Lot of emotion

  1. reste une rebelle c’est top et c’est comme ça que RM t’aime et nous on adore aussi ;)

  2. Lolotrail dit :

    Finalement, on se demande ce qui est le plus dur : courir une course ou courir après un mec qui fait une course !!! Cela dit, c’est génial les prénoms sur les dossards. A mon 1er marathon du Mt Blanc, des gens m’encourageaient : « Allez Laurent! ». Je me suis posé plusieurs fois la question de où ils pouvaient me connaître jusqu’au moment où j’ai pris conscience qu’ils ne faisaient que lire les dossards! Bravo à lui, bravo à toi !

    • Celine dit :

      Merci Laurent! Effectivement suivre un mec qui court, c’est pas toujours facile! Mais j’adore lui courir après alors bon…!!

  3. super récit j’ai vécu ce marathon avec toi (enfin en moins long pour moi!) je crois que j’aurais abandonné au plan en flamand!

  4. Eponyme dit :

    Excellent ton CR, bravo pour ta perf ! C’est aussi une perf de suivre son coureur ! Bravo à vous deux ! :)

  5. sylvain dit :

    Merci mon amour, ton soutien et tes émotions m’ont beaucoup touché!!
    Tu pourra compter sur moi pour la compiègnoise même si je n’es pas tes compétences en logistique!!

  6. Rohnny dit :

    Cool comme post, tu m’as bien fais rire, content que vous avez pris du plaisir chez moi en Belgique.

  7. Céline dit :

    J’ai adoré!! On reviendra, ça c’est sûr!!!

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