Le MDP 2011 – Flashback and e-motion

2012-05-29 22.49.21

Je ne crois pas avoir vécu de moments aussi intenses dans ma vie à part ceux que la vie nous offre ou nous prend.

En tout cas, en ce 10 avril 2011, l’émotion était là, bien réelle (et croyez-moi, les hormones dues au squatteur de mon bidon, ça n’aide pas !!!). Quelques années après, elle est toujours aussi présente surtout quand je revis ce moment avec ceux avec qui je l’ai partagé.

Bon, comme vous vous en doutez, je parle du marathon de Paris. Ce marathon, j’y étais et à la fin de cette journée mouvementée, moi aussi j’étais épuisée. Bon Ok, je n’ai pas couru 42kms mais je les ai vécus à fond, sans en perdre 1cm. Parole de desperate !

Préparation, vous avez dit préparation ?

Tout commence en septembre 2010. Une phrase, lancée en l’air par mon Running Man : « Tiens, si je faisais le marathon de Paris cette année ? » Mais bien sûr chéri, lance-toi ! On en reparle plus tard hein ?!

Puis quelques semaines plus tard, lors d’une soirée entre pote, il commence à en parler au Boss qui en l’espace de 5 min décide qu’il sera son lièvre.  Là, moi, sportive de haut niveau, je me dis que ce genre de personne ne doit pas être très normale pour décider comme ça, d’un claquement d’orteil de courir 42km dans 6 mois…

Bon, leur décision étant prise, je me rapproche de ma collègue desperate. Si nos hommes font le marathon, bah nous aussi on doit le faire ! Mais comme Louboutin ne donne pas encore dans la chaussure de course, on restera sur le bord de la route !

En grandes organisatrices que nous sommes, nous décidons d’organiser le supporting. Croyez-moi, ce n’est pas une mince affaire. Les tâches sont nombreuses mais délicates aussi car c’est la motivation de nos hommes qui est en jeu.

Le supporting, ce n’est pas seulement applaudir les runners sur le bord de la route, c’est surtout un soutien psychologique qui se doit d’être motivant et d’aider nos runners à tenir le coup. Alors on se lance : T-shirts pour les coureurs et les supporters, préparation du parcours, organisation sur place pour repérer nos champions et leur lancer des encouragements dignes de ce nom.

En tout cas, ils le valent bien et rien que pour ça, on va donner le meilleur de nous-mêmes.

 

Le jour J

Après des semaines, et même des mois de préparation, nous voilà tous prêts pour le départ. Il est 6h30. Nous sommes tous dans le carrosse du Brother.

Arrivée vers 7h30. On se gare porte Dauphine. Tout le monde s’équipe. Nos running men enfilent leur beaux t-shirts personnalisés: photos de notre petit loup pour Running Man et message de ses enfants pour le Boss (lièvre de mon Running Man). Quant à nous, nous enfilons nos T-shirts de desperate runner’s wives avec des portraits de nous en couple et des messages de soutien. Le Brother et le Patriarche (frère et père de Running Man) ont eux aussi les leurs. Nous nous avançons tranquillement vers l’Arc de Triomphe, point de départ de ce marathon de Paris qui accueillent plus de 30 000 fous furieux runners passionnés.

Après une séance photo et moults encouragements, nous nous séparons. J’ai le ventre noué et le clandestin qui a élu domicile dans mon bidon depuis maintenant plus de 3 mois ne m’aide pas à me sentir mieux…!!

En les voyant s’éloigner, je ressens une première bouffée d’émotion : Ca y est, on y est, on ne peut plus reculer. Il faut assurer. C’est un mélange d’appréhension  et de fierté qui m’envahit. Mais pas le temps de cogiter. Il est l’heure pour nous de rejoindre le 1er point de RDV au 6ème km.

Je vais bien, tout va bien.

On arrive tranquillement au 6ème km. Béni soit le métro !! Après un petit ravitaillement (y’a pas d’raison hein ???!!!), on se positionne. Nous sommes super bien organisés. Brother est en éclaireur et nous fait signe lorsqu’il voit arriver nos champions pour que nous puissions dégainer nos compacts et hurler à plein poumons que oui, ils sont les meilleurs, que oui, on les aime et que oui on est fière d’eux !

Les 1ers coureurs arrivent. Ils ont une des ces allure… Je suis impressionnée ! Puis quelques minutes plus tard, c’est un raz de marée humaine qui déboule et envahit les rues de Paris. C’est…  C’est… C’est… whaou ! Magique, impressionnant, terrifiant, émouvant, …

On (re)découvre alors l’Ambiance d’un marathon. Et on s’amuse à découvrir les déguisements tous aussi insolites les uns que les autres : les haïtiens, l’homme au chapeau stade de foot, le prisonnier équipé de son boulet poursuivi par deux policiers, les pères noëls, le marsupilami, les 20 personnes attachées ensemble, …  Mes préférés resteront les deux anglais habillés en « Où est Charlie ? » Je trouve l’idée excellente ! Trouver Charlie parmi 40 000 personnes, je ne l’avais encore jamais fait. C’était une grande première. Toutes ces personnes surprenantes ont égayé notre journée (C’est pas qu’on s’ennuyait hein !) et ont été nos points de repères tout au long de la course.

Nous voyons donc nos runners arriver le sourire aux lèvres. Ils ont une belle allure, semblent décontractés, sont souriants. Tout va bien. Nous sommes fiers d’eux !! Regonflés par cet épisode, nous rejoignons notre 2ème point de RDV. Direction le 23ème km !

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Oh hé !!!! On est là !!

Petite précision, les conditions météo étaient exceptionnelles pour un mois d’avril avec une température supérieure à 25°…  Ce qui a fortement joué sur la condition physique de nos Running Men. En effet, il faisait 10° à 15° de plus qu’un mois d’avril normal et ça a tout changé, surtout pour Running Man…

Nous nous postons donc dans une descente dans un virage, 2km plus loin que prévu, élément qui va perturber fortement mon Running Man.

Nous sommes ultra organisés. Le Brother se met en amont et guette l’arrivée de nos runners tandis que nous sommes postés quelques mètres plus loin, compacts à la main pour les mitrailler dès qu’ils seront à portée de vue.

Deux maillots verts s’avancent. Confirmation du Brother : Ce sont eux ! Le Boss vient de suite vers nous, s’arrête un instant, discute 2 minutes, débriefe le 1er semi, se met un pansement, boit un coup, un p’tit bisou à sa desperate et repart.

Pendant ce temps, Running Man passe devant nous mais ne nous voit pas, est hébété, désorienté, blanc, me jette à peine un regard, bredouille quelques mots et repart.

Quoi ? Moi ? Inquiète ? Nooooooooooonnnnnn !! Pourquoi ? On est à la moitié du parcours et Running Man va  trèèèès bien ! Bon, on fait le point avec l’équipe de supporters, on se rassure : il est crevé ou concentré… On reprend le RER, direction le 40ème km. Sur le chemin, le Patriarche nous quitte au Trocadéro car il rejoint les Running Men pour courir les 10 derniers km avec eux.

Une fin sans fin…

Comment raconter la suite ? Par un malencontreux concours de circonstances, cette dernière étape aura été celle de l’angoisse, du stress, du bonheur, des larmes… bref, celle de l’EMOTION.

Nous arrivons avenue Foch et remontons tranquillement le parcours pour arriver au 40ème km. Au passage, on voit des runners qui courent, d’autres qui marchent, certains qui trottinent, d’autres qui souffrent. Ils sourient, font la grimace, pleurent, s’arrêtent, reprennent leur route, abandonnent,…

On en voit un secouru par le SAMU, à moitié écroulé sur le trottoir, recouvert d’une couverture de survie, un masque à oxygène sur le visage. On se regarde. On pense à la même chose : Pourvu que nos Running Men aillent bien. J’ai un pincement au cœur. Je me dis qu’il faut vraiment être mentalement dérangé passionné pour s’infliger un tel supplice courir un marathon.

On se pose dans le bois de Boulogne. On regarde passer la foule, on se fie aux repères (les meneurs d’allure, les déguisements…). D’après nos estimations, nos running men se situent aux environs de 4h30. De plus, ils devraient passer aux alentours de 12h30 puisqu’à mis parcours il était 10h30. Grave et fatale erreur… La fatigue n’aidant pas, on est persuadé qu’ils sont passés au 23ème à 10h30 alors qu’en fait il était  11h30 environ…

Il est 13h30. On patiente. On patiente On patiente. Et on patiente. L’attente est interminable. Plus le temps avance, plus l’angoisse monte. A chaque ambulance qui passe, je me dis que c’est lui. On se demande dans quel état ils sont, si tout va bien… Le Brother nous rassure. Il est toujours optimiste et ça nous fait du bien. Mais je pense quand même qu’au fond de lui, ça se tord de partout ! Accompagnée de mon coloc de bidon, je sens la fatigue. J’ai mal aux jambes, au dos, j’ai chaud. Je suis stressée, angoissée, énervée!!  Mon état m’interdit le prozac, le valium, le lexomil, le xanax, les joints… C’est pas grave, je vais faire sans et respirer un bon coup en évitant l’hyperventilation. De toute façon, on voit passer une ambulance toutes les 5 minutes. Au pire, je prendrai la suivante…

Puis, vient enfin le moment où 3 T-shirts verts font leur apparition. Le Boss et le Patriarche ont le sourire. Running Man n’est pas si liquéfié que ça. Mon cœur fait des bonds. Celui de mes camarades aussi. Je cours vers Running Man et ma copine desperate court vers son Boss ! Le Brother va les accompagner jusqu’à la fin. Pour ma part, passé 100m, je jette l’éponge. La vie en colocation ne me permet pas de courir 2km surtout après en avoir marché 10 et puis de toutes façons: Je n’aime pas courir!

Une aventure humaine

Quel soulagement ! J’ai les larmes aux yeux et… voilà, mes larmes s’échappent. Je suis submergée par l’émotion. Je les trouve tellement incroyables, extraordinaires, courageux. Je suis fière d’eux. NOUS sommes fiers d’EUX !

On se retrouve à la voiture. On fait le debrief pendant qu’ils s’étirent. Chacun raconte sa vision de l’événement, comment il l’a vécu, ressenti.

Running Man dément qu’il était désorienté au 23ème. Il précise qu’il était surpris de nous voir là car il pensait nous voir 2 kms plus tôt ! Bien sûr… !! De plus, il a mal vécu le passage sous les ponts qu’il a trouvé interminable et qui l’a fragilisé psychologiquement. Ce sera un obstacle à préparer pour le prochain marathon.

En fait, c’est ça le running : le dépassement de soi, le partage, la solidarité… pour les runners comme pour les supporters !

Le prochain est dans quelques jours. J’ai hâte d’y être, de revivre ça, de vibrer à nouveau pour l’exploit sportif que va réaliser mon Running Man. Et je n’oublie pas tous ces autres courageux runners qui ont tout mon respect !

 

2 Responses to Le MDP 2011 – Flashback and e-motion

  1. Rohnny dit :

    Bravo pour cette superbe course/expérience et puis superbe CR. Bonne continuation :-)

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