JE SUIS TRIATHLETE (Avec des grandes photos inside!)

Ça y est, je peux le dire. Enfin. Je suis triathlète.

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Après mon épreuve ratée à Deauville, échec et déception, j’ai récidivé (mais en mieux !) à Chantilly.

Je ne vais pas m’attarder sur Deauville. La déception est si grande que je n’ai pas envie de la figer en la couchant sur des mots.

Donc, arrivons directement à Chantilly, petite bourgade royale du sud de l’Oise ce samedi 27 août.

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Je t’épargne les détails de la préparation de mon matériel, de mon réveil, de mon p’tit déj… Tu t’en carres et franchement je te comprends.

Je te passe également la route, les Marvels, le parking…

Bam, on arrive enfin au moment M.

Mes supporters: Stef, Sylou et les Marvels sont là. J’écoute le briefing en deux langues d’une oreille (Balaise la meuf ! Ça annonçait déjà un futur exploit.).

Je me mets dans l’eau et sur les 20cm de vase douce pour les pieds. Derniers instants avant le départ durant lesquels je me demande ce que je fais ici. Le fameux moment de doute. De toute façon, il est trop tard pour le pipi de la peur, il fallait bien compenser.

Coup de sifflet. Je m’élance pour 400 à 500m de natation que je n’arrive absolument pas à nager en crawl. 3 mouvements et je me noie dans l’eau noire et boueuse. J’essaie la brasse : je fais du sur place. Bon. Je ne suis pas dans la vase… Je rebondis et je passe… au dos crawlé ! Je vérifie régulièrement ma trajectoire de meuf bourrée. Je fais un peu de brasse indienne (à la Tassin dans la 7ème compagnie).

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Durant ces 15 longues et affreuses minutes, j’entends Syl et Stef qui hurlent leurs encouragements à plein poumon sur le côté. Je passe les bouées une à une en me disant que je me rapproche de la sortie de l’enfer. J’arrive enfin. Je vais pour sortir de l’eau et là, ma jambe se retrouve sous la planche qui doit m’aider à retrouver la terre ferme. La pensant plus, loin, j’y mets toute ma force pour lever le cuissot qui pèse une tonne. Je me cogne d’une force… N’étant pas seule, voyant ces bénévoles sourire aux lèvres, joyeux, heureux de sortir les gens de la vase, je décide de faire bonne figure. Je me mords la lèvre, mets ma douleur derrière moi, sors mon sourire bright (qui s’avèrera plutôt figé) et je rejoins la zone de transition en haut des escaliers. Syl m’avouera plus tard qu’il était inquiet car je n’avais pas l’air bien à la sortie de la natation.

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J’effectue la transition très méthodiquement : combi, chaussettes, chaussures, dossard, casque, vélo (je t’ai évité les détails du p’tit dej, je me rattrape sur la transition, deal accepté ?) Je ressors quelques minutes plus tard, enfourche mon vélo et roule ma poule !

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(Je la mets en miniature pour cacher mes bourrelets!)

Je me sens bien. Je connais la route. Il n’y a pas de difficulté. Le parcours est plat et très peu technique. Et comme j’aime la difficulté, je roule avec un VTC de 16kg. Autant te dire que là encore, je ne suis pas un exemple de vitesse. Je me fais très rapidement doubler par les participants de la vague suivante.

Je suis en pleine introspection. Je n’ai toujours pas répondu à ma 1ère question : Qu’est-ce que je fous là ? J’ai 1h pour y répondre. Ne trouvant toujours pas de réponse à ma question et étant déconcentrée dans ma réflexion par mes freins qui grincent (fort), je décide de changer de sujet avec moi-même et de mater d’observer les mecs qui me doublent. J’en vois qui roulent facile et d’autres qui galèrent avec leur vélo de compet’. C’est à ce moment que je comprends une chose : Ce n’est pas le vélo qui fait l’homme, c’est l’homme qui fait du vélo.

Le vélo se termine. Je rentre dans le parc du château. Je vois mes super supporters. Ça me rebooste. Je me dis qu’il ne reste que 4km de course à pied. J’enlève le casque, prends ma gourde, tourne mon dossard et… Aïe. Putain, j’ai mal à la cuisse. Qu’est-ce qui se passe ? Je vois un bleu énorme. J’avais oublié l’épisode de la planche. L’avantage d’être blonde. Je repars. Aïe. Putain, j’ai les jambes lourdes. Fuck. Jusque-là, j’ai été relativement épargnée par la chaleur mais le soleil est réapparu. Il cogne. Heureusement, l’orga a été prévoyante et sur les 2 premiers kilomètres, je croise 3 ravitaillements en eau. Je bois, je m’arrose, j’essaie de rafraîchir mes mollets mais rien à faire. J’ai chauuuuuud! Mes supporters de choc m’attendent. Grand Marvel fait quelques mètres avec moi mais je ne cours pas assez vite à son goût. Il me tire mais je ne peux pas avancer plus vite.

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J’ai tourné à 8’30. J’avais des enclumes à chaque mollet. Le parcours était sympa, le cadre sublime mais ces 4km et des poussières ont été les plus longs de toute ma vie. Arrivée au bassin de natation, je ne vois pas l’arche. On me dit qu’il me reste 200m mais j’ai l’impression qu’il en reste 2 000. J’ai vraiment très chaud. Je suis fatiguée. J’ai oublié ma compote dans le sac des Marvels (oui, ce n’est que maintenant que j’y pense!). J’ai perdu ma casquette. Je n’ai plus de force. Arrivée devant l’arche, je vois mes Marvels, je les prends pour passer la ligne d’arrivée tant attendue. Je veux qu’ils soient fiers de moi. Je veux leur montrer que leur maman est suffisamment forte pour finir. Je sais qu’il ne se rendent pas compte de l’effort mais peu importe. J’ai fini. JE SUIS TRIATHLETE.

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J’ai vaincu ce triple effort à la con. Je prends ma retraite. Enfin, ça, c’est que j’ai pensé fort pendant 48h. Dans le doute, j’ai demandé un certif à mon doc !

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En tout cas, il n’y a pas eu un seul couac. C’était très bien organisé. Des animations pour les enfants, des bénévoles sympas, un ravito comme il faut, des points d’eau et une jolie médaille (que je ne donnerai pas à mon papa cette fois-ci !)

Si tu es tenté par le triathlon, vas-y. Fonce. Mais choisis bien ton orga parce que l’ambiance entre coureurs peut être aussi chaleureuse que pompeuse.

Dans la communauté running/tri/blogging, j’ai remarqué qu’il était d’usage, lorsqu’on débute, de donner un tas de conseils aux néosportifs comme soi. Du coup, comme j’aime me fondre dans le moule mais pas trop, je ne donnerai qu’un seul conseil (que j’aurai aimé qu’on me donne…) : Toi, futur triathlète, entraîne-toi, donne le max mais surtout, fais attention à la planche.

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8 Responses to JE SUIS TRIATHLETE (Avec des grandes photos inside!)

  1. Nixul dit :

    Ouaaahhh il y a vraiment plein de pépites dans ce CR !!!
    Encore bravo Cé, tu déchires!!!!
    A quand le prochain ;)

  2. firerasta dit :

    Ce CR est génial!!! Mais la perf surtout!!! Triathlete!!!!! Putain c’est trop la classe!!!!! Félicitations!!!!

  3. thalytta dit :

    C’est vraiment drôle. A l’exception de l’épisode de la planche ce CR pourrait être le mien. Bravo pour ce beau triathlon.

  4. cocoandco dit :

    La classe internationale!
    Je me marre et je pleurniche en même temps car je mesure très bien l’énergie que ça demande de boucler son 1er tri (ou son 1er marathon ou son 1er 10km etc, peu importe…)et l’émotion qui en découle ensuite…bravo pour ce bel exploit sportif et j’espère que tu ne prends pas ta retraite pour de vrai mais que tu vas continuer à t’éclater sportivement parlant (je précise « sportivement »,le reste je ne veux pas en entendre parler ahaha!!!)

    PS: pour ton méga bleu, la prochaine fois dans ton barda, tu emmènes de l’huile essentielle d’immortelle, y a pas mieux pour ce genre de truc

    • dit :

      Merci Coco!
      La classe internationale de Chantilly!
      Oh oui ça m’a demandé une énergie folle! Pour la retraite, je le remets en question mais je ne me fixe aucun objectif. Juste faire les choses comme je les sens. Je vais continuer à m’éclater dans tous les sens du terme!
      Et merci pour l’astuce des HE, même si j’ai l’intention d’être prudente!

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