Tag Archives: drogué

Le runner addict

P1010956

Et oui, Runner, je ne suis pas prête de te laisser tranquille. Je vais continuer de te pister, te décoder, te décortiquer, te psychanalyser et ce pour plusieurs raisons :

–          Je suis pointilleuse.

–          Je mets toujours le doigt sur une incohérence, un défaut, enfin un truc quoi.

–          J’aime t’observer (un poil serial killer psychotique sur les bords !).

–          Bref, je suis une femme.

Attention, aujourd’hui, une fois de plus, tu t’aventures sur le chemin sinueux et escarpé des sentiments de la Desperate. Je me livre chaque article un peu plus… C’est ça les femmes… Moins on veut en dire et plus on en dit ! Mais finalement, blogguer, c’est un peu ça : coucher sur la toile des expériences, des sentiments, des tranches de vie qui seront lues par des amis, des inconnus et qui au final, soulage notre conscience…

Il y a peu de temps, Running Man écrivait dans un de ses CR qu’« entre un anniversaire et des bricoles », il a quand même réussi à caser une petite sortie. En clair, il n’avait pas pu s’entraîner comme il le voulait.

Autant te dire que cette malheureuse phrase m’a légèrement (pas mal ?) carrément piqué… En effet, l’anniversaire en question (ou plutôt les anniversaires), c’était celui de son fils ET celui de sa femme. Ce n’était pas celui du voisin, du collègue, de la boulangère, du pharmacien, du chat, … C’était un bon moment en famille.

En plus, cet anniversaire a une signification vraiment particulière pour moi. Mon père et moi avons toujours fêté nos anniversaires ensemble. 14 jours séparent nos 2 dates. La dernière fois, c’était en 2009, après la naissance de Grognon : Mon 1er anniversaire de maman ! Quelques mois plus tard, un cancer l’a emporté. Puis, en 2011, Dormeur est arrivé le jour de MON anniversaire (sur le coup, je me serai bien passée du cadeau…). Et cette année, nous soufflions sa 1ère bougie. A défaut de fêter ce jour avec mon père, désormais, ce sera avec mon fils…

Ce jour-là, ce samedi, c’était le jour J : le 06 octobre… Dormeur a un an et moi j’en ai 20 25 29. Toute ma famille est là. On déguste un repas gargantuesque (préparé avec amour et beaucoup de calories), on passe un bon moment, on discute, on rit, 4 générations sont réunies. Ma grand-mère donne à manger à son arrière-petit-fils. C’est beau à voir, à vivre. Ce sera d’ailleurs la dernière fois puisque notre doyenne nous quittera 10 jours plus tard…

Bref, je papote, je papote  mais je ne vais pas à l’essentiel. Je m’égare. Il faut se rendre à l’évidence : Running Man est un drogué, un vrai. Et ce jour–là, il n’a pas eu sa dose.

Ca comptait plus que tout pour lui et peu importe la raison pour laquelle il a dû renoncer à l’entraînement prévu. Running Man est un drogué de la course à pied, de l’endorphine procurée par cette activité et de tout ce qui est de près ou de loin lié au running.

D’habitude, je ne lui en veux pas. Au contraire, je suis la 1ère à le soutenir dans cette passion et à prendre mon rôle de Desperate Runner’s Wife très au sérieux. Il faut cependant remédier au problème.

Comme je ne peux pas l’envoyer en cure de désintox (il faudrait au préalable que je me désintoxique de lui…), je me dois de l’aider. Il en va de mon devoir de Desperate !

Phase 1 : repérer les signes de l’addiction et du manque qui y est associé.

–          Il devient aigri quand il manque une séance.

–          Il remet toute sa vie de runner en question quand il n’a pas été à la hauteur de ses objectifs.

–          Il remet en cause tout son plan d’entraînement quand il loupe une séance.

–          Il regarde si une course se déroule près de notre lieu de vacances ou pire il choisit la destination en fonction d’une course : Cannes c’est bien, Vierzon, c’est mieux en plus il y a les 50km de Sologne !

–          Il sombre dans une profonde dépression au moindre écart rien qu’en pensant aux conséquences de celui-ci sur ses performances.

–          A peine la ligne d’arrivée franchie, il pense déjà à la prochaine course.

–          Il ne part jamais en week-end sans sa crème relaxante et ses chaussettes de contention, au cas où… D’ailleurs, la sortie running est prévue !

–          Il achète des magazines de running qui parlent tous du même sujet en caressant le mince espoir que celui-ci sera différent des autres et qu’il lui apportera la solution miracle pour lui faire gagner 8 secondes.

–          Il sait calculer sa VMA de tête alors qu’il n’a jamais eu la moyenne en maths.

–          Il court à 5h du mat’ avant d’aller au boulot en plein hiver peu importe le temps et la température extérieure.

–          Il a un espace running chez lui dans lequel il met ses médailles, ses dossards, son plan d’entraînement, un espace si bien organisé que même le FBI l’envie…

Phase 2 : traiter l’addiction.

Et là… Bah… Euh… Je n’ai pas de remède ! D’habitude, on traite l’addiction par des médocs mais aussi par une hygiène de vie plus rigoureuse prenant en compte le sport. Mais comment traiter une addiction au sport ? C’est quand même une addiction saine…

J’opte donc pour la méthode « femme rancunière » qui consister à faire comprendre à running man qu’il a été trop loin, qu’il m’a blessée et que des excuses (que j’ai eues) ainsi que des fleurs (que j’attends toujours…) seraient un plus non négligeable et contribueraient nettement à l’amélioration instantanée de notre relation même si celle-ci ne s’est pas vraiment dégradée (mais ça, il ne le sait pas !)

Hop hop hop, je t’arrête tout de suite runner moqueur !  Toutes les femmes ne développent pas ce côté de leur personnalité. Certaines, dont je fais partie, mettent entre parenthèse cet aspect pour ne le mettre en valeur que dans des cas extrêmes. Or, dire que mon anniversaire et celui de notre progéniture n’est qu’un anniversaire en fait partie.

Bon OK, je vais peut-être un peu loin. Certes, j’exagère un peu. Je te l’accorde, je suis autant une droguée du sentiment qu’il l’est du running.

Après tout, à chacun son addiction. C’est un running addict et je suis une running man addict. Et puis, tant que nous sommes heureux, que nous avons notre équilibre, pourquoi changer ?

Alors bon, je le dis une dernière fois :

Mon Running Man, mon chou, mon amour, si tu m’aimes au moins autant que le running, merci de ne pas caser de séance aux alentours du 6 octobre et merci de ne pas sombrer dans une profonde dépression pour ce léger couac dans ton plan d’entraînement de #@&%!!!.

Affectueusement,

Ta Desperate.